Trois régions françaises en phase pré-épidémique de grippe : alerte renforcée

La grippe gagne du terrain en France avec trois régions entrées en phase pré-épidémique dès la semaine du 17 au 23 novembre 2025 : Normandie, Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine. Selon le réseau Sentinelles, l’incidence nationale s’établit à 24 cas pour 100 000 habitants, en hausse pour la deuxième semaine consécutive, avec environ 16 400 nouveaux cas estimés. Cette activité modérée des infections respiratoires aiguës (IRA), à 165 cas/100 000, appelle à une vigilance accrue, surtout après une saison 2024-2025 particulièrement sévère.

Situation épidémiologique actuelle

Le bulletin Sentinelles de la semaine 47 (17-23 novembre) indique une incidence grippale de 24 cas/100 000 (IC 95% [17; 32]), contre 14 la semaine précédente. Les IRA totalisent 165 cas/100 000, soit 110 300 nouveaux cas, avec des pics en Grand Est (244), Provence-Alpes-Côte d’Azur (186) et Normandie (143). À l’échelle régionale, les taux grippaux les plus élevés touchent les Hauts-de-France (87), Grand Est (83) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (69).

Régions en alerte orange

Les trois régions en phase pré-épidémique – Normandie, Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine – signalent une circulation virale accrue, marquant le début d’une saison potentiellement précoce. La bronchiolite (VRS) reste élevée en Corse (25), Pays de la Loire (13) et Bourgogne-Franche-Comté (13), compliquant le tableau respiratoire hivernal.

Contexte de la saison grippale européenne

L’OMS Europe rapporte une saison grippale en cours, avec 17% de positivité aux tests en soins primaires mi-novembre. En France, cette dynamique s’inscrit après une campagne de vaccination peu suivie l’hiver dernier, responsable de 17 000 décès. L’Europe fait face à d’autres menaces comme la grippe aviaire (1 443 cas chez les oiseaux sauvages depuis septembre) et des arboviroses (800 cas autochtones de dengue/chikungunya/Nil occidental en 2025, surtout au sud).

Rappel de la saison 2024-2025 : une épidémie record

La précédente saison a été l’une des plus mortelles, avec près de 3 millions de consultations pour syndrome grippal (2 millions attribuables à la grippe), 29 000 hospitalisations et 1 849 cas graves en réanimation (90% chez des adultes à risques). L’excès de mortalité a atteint 14 100 décès, dont 5 000 explicitement liés à la grippe, surpassant les saisons 2016-2017 (8 100) ou 2017-2018 (13 000). Au pic mi-janvier, la grippe représentait 7,3% des décès (611 pour une semaine), un record depuis 2020, touchant surtout les plus de 65 ans mais aussi des jeunes.

Faiblesses vaccinales persistantes

La couverture vaccinale reste insuffisante : 53,7% chez les 65 ans et plus, 25,3% chez les moins de 65 ans à risque. L’efficacité du vaccin 2024-2025 était modérée (47% global, 38% chez les seniors). Le réseau Relab a détecté 18% de positivité grippale sur 211 624 prélèvements (S40-2024 à S15-2025), avec un pic à 41% en S04-2025.

Recommandations des autorités sanitaires

Santé publique France et Sentinelles appellent à la vaccination antigrippale et anticovid, particulièrement pour les vulnérables. Le taux actuel reste inférieur aux seuils habituels (41 cas/100 000 en S46 consolidée), mais la hausse impose une surveillance étroite. Les professionnels de santé doivent rester vigilants malgré un possible déclin futur.

Les indicateurs IRA diminuent légèrement dans certaines zones, mais l’activité grippale demeure élevée. La campagne vaccinale 2025-2026 est en cours pour éviter un scénario catastrophe.

Autres circulations virales et perspectives

Au-delà de la grippe, la bronchiolite persiste chez les enfants, et des virus comme le VRS concernent 17 cas/100 000. L’ECDC monitore les menaces émergentes, tandis que l’hiver approche avec des risques cumulés (grippe, Covid, gastro). Une mobilisation précoce pourrait limiter l’impact, comme le souligne l’expérience récente

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