Bureau présidentiel ukrainien dément les allégations du Monde sur une zone tampon au Donbass
Le Bureau présidentiel ukrainien a catégoriquement démenti le 11 décembre 2025 un article du Monde rapportant que Kiev aurait accepté de créer une zone tampon ou démilitarisée le long de la ligne de front au Donbass, dans le cadre d’un plan de paix révisé à 20 points soumis aux États-Unis. Dmytro Lytvyn, conseiller en communication, a qualifié d’erronée l’interprétation des propos de Mykhailo Podolyak, présenté comme preuve d’une concession majeure. Le président Volodymyr Zelenskyy a lui-même écarté les propositions russes et américaines non alignées sur les intérêts ukrainiens, insistant sur des décisions souveraines au plus haut niveau ou via référendum.
Origine de la controverse et contenu du rapport contesté
L’article du Monde évoquait un consentement ukrainien, soutenu par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, à une zone démilitarisée impliquant un retrait mutuel des forces ukrainiennes et russes. Ce mécanisme, inspiré de la zone coréenne de 1953, prévoyait des observateurs internationaux et contingents étrangers pour monitorer la ligne de contact après près de quatre ans de conflit. Le journal citait Podolyak comme confirmation d’une avancée clé dans les négociations indirectes.
Démentis officiels de Kiev
- Dmytro Lytvyn : « Les déclarations de Podolyak portaient sur des modèles théoriques de sécurité, conditionnés par des détails, contrôles et garanties légales. Aucune approbation ferme. »
- Mykhailo Podolyak : Ses propos hypothétiques ont été déformés ; pas d’accord conclu.
- Volodymyr Zelenskyy (11 décembre) : « J’ai examiné toutes les idées américaines, donc russes, sur le Donetsk. Elles ne servent pas nos intérêts. Moscou veut tout le Donbass, nous défendons la ligne actuelle. »
Zelenskyy a questionné l’efficacité d’un retrait symétrique de 5-10 km : comment empêcher une offensive russe ou des infiltrations civiles ?
Positions de Zelenskyy sur les négociations en cours
Lors d’un point presse, le président ukrainien a détaillé les scénarios : retrait bilatéral de 5 ou 10 km, zone économique libre (terme américain) ou démilitarisée (russe), avec supervision internationale. « Rien n’est acté. Une zone sans armée, limitée à civils et police, ne bloquerait pas les Russes », a-t-il averti. Il plaide pour des compromis justes, sans garantie actuelle d’entente, dans un dialogue post-réélection de Donald Trump.
Les Européens, via Emmanuel Macron, se disent prêts à des garanties post-paix. Le chancelier allemand Friedrich Merz admet des concessions territoriales potentielles pour Kiev.
Réactions médiatiques et internationales
- Médias russes (TASS) : Saluent un accord ukrainien sur la zone tampon avec retraits mutuels, relayant Le Monde.
- Financial Times : Washington pousse Kiev à céder les territoires donetskiens restants, sans promesse russe d’entrée.
- Médias ukrainiens (Kyiv Post, NV.ua, Euromaidan Press) : Tous amplifient le démenti, qualifiant les échanges de « théoriques » et non contraignants.
- Autres (Modern.az, BGNES, Iz.ru) : Notent le rejet ferme de Kiev face aux allégations françaises.
Aucune réponse immédiate des États-Unis ou de Moscou au 12 décembre 2025. Le démenti vise à recentrer sur la souveraineté ukrainienne.
Ce tableau éclaire les divergences, marquant les interprétations contrastées des pourparlers.
Cadre des discussions de paix Ukraine-Russie
Ces échanges s’inscrivent dans des négociations indirectes relancées après la victoire de Trump en novembre 2024. Zelenskyy a soumis un plan à 20 points le 10 décembre, refusant une capitulation totale du Donbass. Kiev maintient la ligne de contact, priorisant un monitoring robuste. Le Bureau présidentiel réitère : toute décision émane du sommet ou du peuple via référendum.
Les tensions demeurent : Russie revendique l’intégralité du Donbass ; Occident explore des formats viables comme la zone coréenne. Macron envisage un rôle européen renforcé une fois l’accord scellé.
Enjeux stratégiques et perspectives
Cette polémique médiatique révèle la fragilité des talks. Kiev dément tout compromis hâtif pour préserver sa position de force, évitant d’alimenter la propagande russe. L’incertitude pèse : un retrait ukrainien exposerait-il des vulnérabilités ? Les prochaines interventions de Zelenskyy ou Trump pourraient trancher.
Dans un conflit protracted, ce démenti ukrainien réaffirme l’autonomie décisionnelle de Kiev. Alors que l’hiver 2025 s’installe, les négociations au Donbass restent un pivot géopolitique, entre concessions tactiques et lignes rouges infranchissables.

